• Jean-Michel PALMIER connaissait Ernst JUNGER. Ernst JUNGER, héros de la guerre de 14 est un personnage controversé. Très jeune il se retrouve dans les affres de la guerre, dans les tranchées et choisit de n'y voir qu'un gigantesque feu d'artifices. Il écrira ses mémoires et donnera à ces récits un ton lyrique qui lui sera reproché sa vie durant. Jean-Michel PALMIER appréciait Ernst JUNGER car il partageait avec lui la passion des insectes, la fascination des paysages et de la nature. Ernst JUNGER était allemand, a vécu plus de cent ans, a participé à deux guerres. Est-il possible d'apprécier un homme ayant pris part à la seconde guerre mondiale du côté allemand ? Ernst JUNGER était un rêveur comme Jean-Michel PALMIER. Il a écrit des essais difficiles, des essais fondateurs au point de vue philosophiques. Il était admiré par Hitler qu'il méprisait. Hitler admirait le soldat, les récits de guerre, les exploits. Hitler le protègera bien qu'il soit allé relativement loin dans la provocation dans ses écrits. Passionné par les insectes, il réussit à s'évader, à fuir les horreurs de la destruction grâce à l'observation des coléoptères. Personnage complexe, bourgeois, Jean-Michel n'a de cesse de le défendre, allégeance au nazisme peut-être mais si ce n'était pas là la seule chose qui comptait ? Et y-a-t-il réellement eu allégeance au nazisme ou impossibilité de faire autrement ? Comment faire la part des choses ? Doit-on condamner et fermer les yeux sur le talent indéniable qu'a révélé ce personnage ? Les interrogations de Jean-Michel PALMIER tournaient assurément souvent autour de cette question...


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  • Sur Marcuse, Jean-Michel PALMIER, 1968

    Herbert MARCUSE, philosophe, sociologue et enseignant de son métier peut être considéré comme le théoricien de la révolution manquée de 1968. MARCUSE a été influencé par Martin HEIDEGGER, MARX et FREUD. Pour lui, nous vivons dans un état totalitaire qui donne au rendement un caractère de valeur suprême. L'humain bridé à son insu se croit pourtant en démocratie. Ses pulsions sexuelles sont détournées et canalisées dans le travail. Il n'est pas libre.  Il y aurait assez de moyens techniques pour abaisser le temps de travail et libérer ainsi l'humain de ces chaînes mais ce n'est pas le cas. Les soulèvements de 1968 sont un refus de la société de consommation "pour rien". Le prolétariat a perdu son caractère révolutionnaire car il a été englobé / assimilé par le système qui lui promet, s'il collabore une vie meilleure. Plus de rélle opposition politique. Le prolétariat désire ce qu'on lui suggère de désirer. La seule façon de mettre à un terme à cet état de fait est de faire une révolution. Révolution possible seulement si elle est orchestrée par des personnes hors du système tels que les étudiants ou les mendiants. Les ouvriers faisant partie du système ne peuvent être partie prenante de cette révolution. Herbert MARCUSE a toujours refusé de faire partie d'un système politique d'où son originalité. La description qu'il donne de la société peut sans aucun problème se transposer à la situation actuelle. Depuis quarante ans rien n'a changé en effet et les problèmes d'aujourd'hui sont les conséquences de la situation décrite par MARCUSE en 1968. Au moment où MARCUSE communique ses idées notamment au travers de conférences et ses cours à la fac personne ne sait si la révolution avortée de 1968 aboutira. Si l'impasse dans laquelle se dirige la société de 1968 a été analysée par Herbert MARCUSE de façon magistrale aucun modèle de société n'a été proposée a posteriori. Est-ce la raison de l'échec de la presque révolution d'hier ?

    L'ouvrage de Jean-Michel PALMIER pose les faits, remet le travail de MARCUSE dans son contexte et renvoie aux différentes influences qu'il a subies notamment au contact de ses maîtres en philosophie (HEIDEGGER). Essai très abordable.


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